Patrons, unissez-vous pour redonner

le contrôle du travail à vos salariés

et sauver leur santé !

 

J’avoue avoir été déconcerté en consultant le site du Projet 41-21. On y apprend que, selon le Baromètre annuel sur la santé et la qualité de vie au travail, en 2023, seuls 20 % des salariés déclaraient pouvoir prendre des décisions dans leur travail, contre 28 % en 2011.

 

Or c’est justement en 2011 que j’ai cofondé un Cercle de Leaders Libérateurs dont l’objectif était de transformer leurs entreprises pour que la majorité des salariés décident par eux-mêmes, plutôt que d’exécuter des consignes venues d’en haut.
La quasi-totalité de ces patrons ont réussi à abandonner une approche fondée sur la subordination et le contrôle, au profit d’une approche reposant sur la confiance et l’autonomie, quelques exceptions ne font que confirmer le défi que cela représente. Ils ont ensuite partagé leurs expériences, donnant naissance à un véritable mouvement d’entreprises libérées.
Décathlon, Airbus, EDF, Michelin ou France Travail s’en sont inspirées, en partie ou en totalité, Michelin et France Travail l’ont appliqué à l’ensemble de l’organisation.

 

Aujourd’hui, près de 500 entreprises et administrations ont libéré la prise de décision et l’action de leurs collaborateurs, au bénéfice de leur bien-vivre, de leur performance, et de leur santé.

 

Oui la santé, car la recherche montre que le manque d’autonomie est la première source de stress professionnel, lui-même première cause de consultation médicale (troubles musculo-squelettiques, insomnies, eczémas, etc.). Reprendre le contrôle sur son travail réduit ce stress, et donc ses conséquences : somatisations, absentéisme… et le déficit de la Sécurité sociale. Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien la ministre de la Santé de l’époque Agnès Buzyn : « Jusqu’à quand l’Assurance-maladie palliera-t-elle les défaillances du management au travail ? ».

 

Et il y a plus grave. L’absence prolongée de contrôle et le stress chronique génèrent les maladies cardiovasculaires.

 

Certes, beaucoup d’entreprises font un peu d’effort pour accorder davantage d’autonomie à leurs salariés. Mais selon le Baromètre, cela reste insuffisant. Et 500 entreprises libérées ne suffisent pas : la France en compte 4,5 millions qui ne le sont pas.

 

Pour qu’un vrai changement s’opère, ce sont les patrons qui doivent initier et conduire ces transformations. Le défi est réel, mais peut-on attendre ?


Isaac GETZ


Isaac Getz

 

Isaac Getz est professeur à l’ESCP Business School, conférencier et mentor d’un cercle restreint de dirigeants.
Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont le plus récent est The Caring Company.

Nous avons eu le plaisir de faire intervenir Isaac Getz sur le Forum du Développement Durable en 2013 sur le sujet de l’entreprise libérée.


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